Face aux exigences du Décret Tertiaire imposant une baisse de 40 % des consommations d’énergie d’ici 2030, les ingénieurs hospitaliers sont en première ligne. Comment concilier performance technique, sécurité des soins et trajectoire bas carbone dans des établissements fonctionnant 24 h/24 ? Dalkia, partenaire de plus de 4 800 sites de santé en France, détaille les leviers offerts par le Contrat de Performance Énergétique (CPE) et son évolution, ainsi que par le Contrat de Performance Carbone (CPC).
Entretien avec Yannick Duport, Directeur Commerce & International, membre du Comité exécutif de Dalkia.
Le bloc opératoire peut représenter à lui seul 40 % de la consommation énergétique d’un hôpital. Notre solution « mode veille » y génère jusqu’à 50 % d’économies.
Le secteur hospitalier est soumis à des contraintes de continuité de service uniques. Dans ce contexte, qu’apporte réellement un Contrat de Performance Énergétique (CPE) ?
Le CPE est bien plus qu’un simple contrat de maintenance ; c’est un outil de garantie de résultats.
Il permet de répondre au défi majeur des établissements de santé : trouver l’équilibre entre la qualité des soins, la sécurité sanitaire et la maîtrise budgétaire. L’opérateur s’engage contractuellement sur une baisse mesurée des consommations d’énergie, souvent supérieure à 20 %, voire 40 % dans les projets les plus récents. C’est la garantie que les investissements réalisés produiront les économies attendues, puisque l’opérateur assume des pénalités financières en cas de non-atteinte des objectifs.
Comment concilier ces réductions drastiques de consommation avec le confort des patients et les exigences de traitement d’air ?
Le confort et la sécurité des patients sont notre priorité absolue. Loin d’être un frein aux économies d’énergie, c’est au contraire un moteur pour mieux gérer nos installations. En effet, faire de la performance énergétique sur les postes les plus énergivores comme le chauffage et la climatisation – qui représentent les principaux postes de consommation –, c’est du bien-être pour les usagers et des économies sur la facture.
Autre exemple : le remplacement de centrales de traitement d’air anciennes par des modèles avec récupérateurs de chaleur ou variateurs de vitesse permet des gains massifs sans impacter la qualité d’air. Le pilotage intelligent, via les DESC (Dalkia Energy Savings Center), augmenté d’intelligence artificielle, permet une surveillance 24 h/24 pour corriger immédiatement toute dérive de température ou de débit. Et avec une Gestion Technique du Bâtiment (GTB) ou des outils connectés, la performance énergétique est renforcée.
Un point spécifique attire l’attention des services techniques : la mise en veille des blocs opératoires. En quoi consiste-t-elle ?
Le bloc opératoire peut représenter à lui seul 40 % de la consommation énergétique d’un établissement, principalement à cause du traitement d’air permanent. Notre offre « Bloc op mode veille » consiste à réduire les débits de ventilation lors des périodes d’inoccupation, tout en maintenant les conditions aérauliques et sanitaires requises par les normes NF S90-351 et ISO 14644-16. Au Centre Hospitalier de Roubaix, cette solution a permis un retour sur investissement en seulement deux ans. C’est une action concrète et rapide, générant jusqu’à 50 % d’économies sur ce poste.
Les besoins énergétiques des établissements de santé évoluent vite (extensions immobilières, nouveaux équipements lourds, IRM…). Le CPE peut-il absorber ces changements ?
Absolument. Un contrat de performance énergétique (CPE) se base sur une situation de référence, mais il est conçu pour être flexible. L’approche multitechnique permet de considérer le bâtiment comme un système interconnecté. Des outils permettent d’intégrer les données de nouveaux équipements ou extensions en temps réel, facilitant ainsi la maintenance et augmentant la durée de vie des actifs.
On parle désormais de Contrat de Performance Carbone (CPC). Quelle est la différence ?
Le CPE, vous l’avez compris, est la solution pour réaliser des économies d’énergie garanties dans la durée. Pour aller plus loin que la seule sobriété énergétique, Dalkia propose, avec le CPC, de s’engager sur la réduction des impacts carbone. Ce contrat engage l’établissement sur une trajectoire de décarbonation complète selon les trois scopes. Cela passe par l’électrification des usages et la mobilisation des énergies renouvelables et de récupération (ENR&R). Nous accompagnons les établissements dans le verdissement de leur mix énergétique : raccordement aux réseaux de chaleur urbains, valorisation de chaleur fatale, géothermie, mise en place de pompes à chaleur, de chaudières électriques, etc.
Le facteur humain est crucial. Comment le CPC aide-t-il à engager les équipes ?
L’efficacité énergétique n’est pas qu’une affaire de data. Dalkia propose du coaching énergétique pour mobiliser les occupants – soignants comme techniciens – autour d’éco-gestes simples qui peuvent générer plus de 10 % d’économies supplémentaires. Au Centre Hospitalier de Perpignan, des ateliers d’intelligence collective ont permis de mettre en place l’extinction automatique des postes informatiques ou l’usage de LED adaptatives en réanimation, valorisant ainsi les initiatives du personnel.







