Entre sobriété énergétique et exigence d’exploitation 24 h/24, les établissements de santé doivent repenser le pilotage de leurs infrastructures techniques. Éclairage, chauffage, ventilation, climatisation, occultants, maintenance prédictive : les solutions KNX permettent des gains énergétiques sans compromis sur le confort des patients ni sur la sécurité des soins.
Entretien avec Franck Magnat, directeur Marketing & Communication chez Theben France.
Un éclairage piloté intelligemment, c’est moins de consommation énergétique, mais aussi plus de bien-être pour les usagers.
Quels sont les enjeux portés par l’automatisation et le pilotage intelligent des infrastructures hospitalières, en lien avec les besoins spécifiques des établissements de santé ?
Ces établissements constituent un environnement complexe dans la mesure où la recherche de performance énergétique se double de contraintes opérationnelles : fonctionnement 24 h/24 et 7 jours/7, zones aux besoins très hétérogènes – blocs opératoires, chambres, laboratoires, circulations –, sécurité et confort des usagers, etc. Ce contexte exigeant rend d’autant plus pertinents l’automatisation et le pilotage intelligent des bâtiments et de leurs utilités : éclairage, chauffage, ventilation, climatisation, accès, occultants, etc. La gestion de tous ces équipements doit pouvoir s’adapter en temps réel aux usages, sans jamais compromettre le confort des occupants et la sécurité des soins. Face à cette nécessaire polyvalence, nous avons fait le choix de proposer des solutions articulées autour des protocoles KNX et DALI 2, des technologies ouvertes avec plus de 600 fabricants proposant des produits interopérables, capables de dialoguer avec les systèmes de GTB existants.
Comment vos solutions opèrent-elles concrètement ?
Elles s’articulent autour d’un dispositif clé : la détection de présence, couplée à la collecte d’autres informations telles que la luminosité naturelle ou la température.
Ces capteurs permettent ainsi d’ajuster automatiquement l’éclairage, le chauffage ou encore la climatisation en fonction des besoins réels au sein des locaux. Ce seul levier peut générer des économies substantielles, sans aucun impact sur le confort. Dans les bureaux, le couplage entre détection de présence et variation de l’éclairage selon les apports naturels peut générer des économies d’énergie de l’ordre de 25 %.
Cela étant – et ici, je ne prêche pas pour ma paroisse – la couche d’intelligence est une seconde étape : la priorité est de rénover les luminaires les plus énergivores. J’ajoute que l’éclairage est un levier encore trop peu considéré en matière de soins.
Comment cela ?
Le mode HCL (lumière centrée sur l’humain, en anglais) reproduit la courbe naturelle de la température de couleur du soleil. Dans un environnement où la lumière artificielle occupe une place importante, les bénéfices sont considérables : le rythme circadien agit sur l’horloge biologique de chaque individu. Sa simulation permet d’optimiser les cycles de veille et de sommeil, favorisant ainsi la récupération des patients. L’éclairage HCL bénéficie également aux soignants : travailler sous un éclairage adapté à leur rythme biologique réduit la fatigue. C’est un levier de qualité de vie au travail trop souvent négligé. La nuit, il est aussi possible de réduire l’éclairage à 30 %. Une telle luminosité offre une bonne visibilité pour la plupart des actes de soins et de contrôle, sans éblouir les patients. Un éclairage piloté intelligemment, c’est donc à la fois moins de consommation énergétique et plus de bien-être.
Et qu’en est-il de l’exploitation ?
La compatibilité de nos solutions avec le protocole KNX est à la fois un gage de de déploiement et de maintenance simplifiés, limitant ainsi les perturbations de l’activité hospitalière. À ce sujet, la collecte d’informations de terrain, remontées dans la GTB, permet la mise en place de maintenance prédictive en fonction des heures de fonctionnement des équipements. En milieu hospitalier – plus encore qu’ailleurs –, il est préférable de mettre en place des opérations de maintenance programmées, plutôt que d’agir dans l’urgence. Le protocole KNX garantit également aux hôpitaux des architectures performantes, pérennes, évolutives et pouvant être déployées de façon progressive.
Les établissements de santé sont devenus des cibles privilégiées des cyberattaques. Leur pilotage intelligent n’ouvre-t-il pas une brèche en termes de cybersécurité ?
C’est une question légitime. Un protocole ouvert n’empêche pas d’intégrer les normes de cryptage les plus solides. Toutes nos nouvelles solutions – tout comme l’ensemble de notre catalogue à court terme – sont certifiées KNX Secure, une technologie qui répond aux exigences de la loi européenne sur la cyber-résilience.
Comment vos équipes accompagnent-elles les hôpitaux dans l’automatisation de leurs utilités ?
L’accompagnement de toutes les parties prenantes d’un projet – maître d’ouvrage, équipes techniques, maître d’œuvre, installateur, intégrateur KNX… – est primordial. En effet, chaque établissement présente un historique, des contraintes et des priorités qui lui sont propres.
Cette approche, portée par nos experts au plus près des territoires, permet de déployer des équipements performants et surtout adaptés au site et aux besoins des usagers. Avec le KNX, l’idée est de savoir tirer le meilleur parti de chaque appareil.
Quels sont, selon vous, les futurs grands défis technologiques des infrastructures hospitalières en termes de pilotage intelligent ?
L’hôpital de demain pourra mobiliser les solutions d’aujourd’hui qu’il s’agit de rendre toujours plus performantes et robustes. Un des enjeux sera d’adapter encore davantage les infrastructures aux besoins des occupants. Cela suppose d’apporter un maximum d’intelligence au cœur des systèmes pour les rendre capables d’analyser finement leur environnement et d’ajuster leur fonctionnement sans intervention humaine. Un autre défi tient dans la fiabilité absolue et une maintenance prédictive optimisée. En milieu hospitalier, une défaillance technique peut avoir des conséquences directes sur la sécurité des patients.
Enfin, la simplicité de mise en œuvre reste un fil conducteur : des solutions performantes ne valent que si elles peuvent être déployées et prises en main aisément par les équipes de terrain.







