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En milieu hospitalier, la prévention des risques sanitaires passe aussi par la robinetterie.

Le renforcement des normes sur la qualité des eaux impose aux établissements de santé une vigilance accrue sur leurs réseaux intérieurs. La robinetterie devient ainsi un levier essentiel pour prévenir les risques sanitaires.
Entretien avec Stéphane Chaillaud, Expert Santé chez Presto-Sanifirst.

Stéphane CHAILLAUD,

Expert santé
Presto – Sanifirst

Garantir la sécurité
des patients, tout en simplifiant l’exploitation des réseaux d’eau.

En quoi l’arrêté du 30 décembre 2022, relatif à la surveillance des eaux dans les établissements recevant du public, a-t-il durci les règles sur la qualité des eaux ? Et quelles sont les conséquences pour la robinetterie ?

Ce texte impose de réaliser une évaluation des risques de prolifération bactérienne au sein des réseaux d’eau intérieure, desservant en moyenne plus de 10 m3/jour ou au moins 50 personnes, personnel compris. En France, entre 500 000 et 600 000 établissements recevant du public sont concernés par cette évaluation, qui est à réaliser d’ici le 1er janvier 2029. En milieu hospitalier, les risques peuvent, par exemple, concerner l’eau utilisée pour les soins de patients immunodéprimés ou en réanimation. De son côté, l’eau chaude sanitaire peut être à l’origine de prolifération de légionelles. Sur ces sujets, les robinets n’ont pas d’action curative sur les réseaux, mais s’avèrent décisifs pour les sécuriser.

Comment cela ?

Il est impératif d’éviter toute intercommunication entre les circuits d’eau chaude et d’eau froide en amont du point de puisage. En effet, la légionelle se développe dans des eaux entre 25 et 45°C avant de se diffuser dans les réseaux. Une telle intercommunication est souvent causée par un clapet anti-retour rendu défectueux par un dépôt de calcaire ou de biofilm qui en altère l’étanchéité. Or, la maintenance de ces dispositifs – qui doit se faire à un rythme annuel – est fastidieuse. C’est pourquoi la norme NF Médical les interdit au profit de mitigeurs intégrant deux cartouches thermostatiques, gérant chacune séparément les entrées d’eau chaude et froide.
Il s’agit d’une solution conforme à la NF Médical, dont l’efficacité est certifiée par des tests du CSTB. À noter qu’elle présente un autre avantage : en cas de coupure d’eau froide, l’écoulement d’eau chaude est stoppé immédiatement, évitant des brûlures qui provoquent encore, en France, plus d’une dizaine de décès par an dans les établissements de santé.

La présence de bras morts au sein des réseaux d’eau intérieure peut aussi causer la prolifération bactérienne…

C’est pourquoi il faut procéder à des purges en cas d’absence de sous-tirage. Cette opération peut être programmée grâce à des électrovannes. À noter que l’arrêté de 2022 incite à une meilleure traçabilité, via la tenue d’un cahier sanitaire. Dans ce domaine, des solutions connectées permettent un monitoring automatisé à la fois des écoulements et des purges sanitaires. Le design intérieur de la robinetterie a également un rôle à jouer en matière de prolifération bactérienne. Des surfaces présentant des rugosités favorisent la fixation de biofilms, qui sont de potentiels « nids à légionelles ». C’est pourquoi des fabricants proscrivent les moules de fonderie pour produire leurs robinets et privilégient l’usinage dans la masse avec des forets à haute performance pour présenter des corps parfaitement lisses, sans être obligatoire.

Au-delà des questions sanitaires, les démarches RSE sont au cœur des préoccupations des exploitants d’établissements de santé. En quoi l’éco-conception de la robinetterie peut-elle intégrer ces enjeux ?

Plusieurs axes peuvent être mobilisés. Cela peut être une production de proximité et la mise en œuvre de matériaux majoritairement locaux. Dans une optique de réduction d’empreinte carbone, nous sommes partenaires d’un projet de réemploi de robinetterie, en Occitanie.
La réparabilité des produits est également un critère essentiel. Par exemple, nos pièces détachées sont disponibles pendant 10 à 20 ans pour plus de 900 références. Nous avons un site dédié avec des vues éclatées de nos produits, affichant un indice de réparabilité de 8 à 9 sur 10. Rappelons que, par nature, nos robinets permettent de préserver les ressources en eau, grâce à la technologie de temporisation, brevetée il y a plus de 100 ans.

Selon vous, comment un ingénieur hospitalier peut-il se conformer à des normes toujours plus complexes ?

Dans notre domaine spécifique, nous nous attachons à mener un travail de veille réglementaire, mais aussi d’anticipation des exigences à venir, afin de proposer des solutions globales conformes aux réglementations.
Par exemple, cela fait 8 ans que nous avons arrêté d’utiliser des clapets anti-retour. Nous participons également à des groupes de travail européens sur l’utilisation de chrome et de plomb dans la robinetterie, afin d’être en pointe sur ces sujets. Rappelons que les normes qui régissent les réseaux d’eau intérieure sont essentielles pour garantir la sécurité des patients, tout en les rendant à la fois plus efficaces et plus simples à exploiter.

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