Réceptionné au printemps 2026, le bâtiment implanté à Paris (10e) se déploie sur 46 800 m², en accueillant notamment 489 lits, 17 salles d’opération et une maternité dimensionnée pour 3200 accouchements par an. En lien avec sa certification HQE, le confort acoustique y répond à des exigences plus poussées que la réglementation. Entretien avec Thierry Surville, responsable technique acoustique chez Placo®.
Quels sont les aspects acoustiques que vous avez à prendre en charge, en réponse à l’Arrêté du 25 avril 2003 relatif à la limitation du bruit dans les établissements de santé ?
Il y a notamment la prise en charge des bruits aériens – provenant de l’intérieur ou de l’extérieur – et les bruits liés à des chocs. Par exemple, dans les salles d’examens et de consultations, les bureaux médicaux et les salles d’attente, le niveau sonore d’un équipement collectif du bâtiment doit être de 35 dB(A) au maximum. Cette valeur est de 40 dB(A) dans les locaux de soins, ainsi que dans les salles d’opérations, d’obstétrique et les salles de travail. L’isolement acoustique entre deux chambres doit atteindre au minimum 42 dB – voire 45 dB pour 75 % d’entre elles : une majoration liée à la démarche de certification HQE du Nouveau Lariboisière. L’isolement minimum entre une chambre et les circulations internes est de 27 dB. Le traitement des bruits de l’espace extérieur est fonction de la localisation de l’hôpital : à Lariboisière, l’isolement doit être au minimum de 40 dB pour les façades les plus exposées. Le niveau de bruit maximal à respecter pour les bruits de choc est de 60 dB.
Le confort acoustique passe aussi par le traitement des réverbérations. Dans une chambre ou une salle d’examens, le temps que met un son pour décroître de 60 dB est ainsi de 0,8 seconde au maximum.

Quelles solutions avez-vous mis en œuvre pour répondre à l’ensemble de ces exigences ?
Les cloisons intérieures 98/62 sont constituées de deux plaques de plâtre BA18S d’épaisseur 18 mm qui enchâssent une laine minérale de 60 mm d’épaisseur qui apporte à la fois un affaiblissement acoustique de 47 dB et une protection incendie d’une heure (EI60). Sur certains espaces plus sensibles – salles de soins et d’opérations –, une solution de cloison 98/48 composée de deux plaques de plâtre Duo’Tech®25 d’épaisseur 25 mm (plaque de plâtre à haute performance acoustique composée de deux parements spécifiques de 13 mm et d’un film acoustique), d’une laine de verre de 45 mm a été mise en œuvre, afin de répondre aux exigences HQE. Celle‑ci offre un affaiblissement acoustique de 54 dB, une performance attestée en laboratoire. Lorsque deux boîtiers électriques sont installés en face-à-face, une plaque intermédiaire est installée pour empêcher la transmission de bruit et conserver la performance au feu de la cloison. À cela s’ajoutent la prise en charge de la question acoustiques en façade – avec notamment les vitrages –, ainsi qu’entre les planchers hauts et bas.
Comment les solutions acoustiques intègrent-elle d’autres exigences hospitalières, comme la résistance aux chocs, la facilité de nettoyage ou la résistance à l’humidité ?
Les murs des espaces de circulation ont été dotés de plaques de plâtre très haute dureté, deux fois plus résistantes qu’un mur en parpaing. Les plaques sont classiquement recouvertes de peinture ou de PVC, et ne présentent donc pas de contraintes particulières en termes de nettoyage. Dans les locaux sujets à l’humidité, des plaques de plâtre hydrofuges ont été déployées.








