Inauguré, en février 2024, par le GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences, dans le 14e arrondissement, le nouveau bâtiment de 15 000 m² sur trois étages accueille 136 lits et places. Une attention toute particulière y a été portée à l’hospitalité pour les patients et les professionnels. Une atmosphère sereine et apaisante, à laquelle contribue fortement le confort acoustique.
Entretien avec Jean-Luc Bisiau, ingénieur à l’Hôpital Sainte-Anne, en charge du projet de la construction du bâtiment Neuro.
Quels sont les enjeux spécifiques d’un établissement hospitalier, en termes de confort acoustique ?
Par nature, un hôpital est un environnement bruyant avec la présence d’appareils médicaux, les circulations des patients, des familles et des personnels, la logistique, les réseaux techniques, la prise en charge d’urgences médicales, etc. À cela s’ajoutent la proximité de la rue d’Alésia, très circulée, et du RER. La prise en charge de l’ensemble de ces sons est d’autant plus nécessaire sur un site qui, comme le nôtre, traite les maladies du système nerveux – avec des publics pouvant être très sensibles au bruit. Notre but était ainsi de transformer les chambres en véritables cocons, à l’abri des sons extérieurs.
Comment cet objectif a-t-il été atteint ?
Par la mobilisation de plusieurs solutions, ayant permis de répondre aux exigences du référentiel HQE. Parmi elles, des plafonds suspendus qui, au-delà de leur performance acoustique, répondent aux normes rigoureuses d’hygiène, requises dans notre établissement. Ne présentant pas de surcoût, les dalles de ces solutions présentent une résistance adaptée à nos méthodes de nettoyage. Des parois et des portes acoustiques ont également été installées, et les réseaux aérauliques isolés. En termes d’usage, les collègues sont satisfaits. Certains trouvent même les locaux trop silencieux et n’entendent pas les personnes qui frappent à leur porte. Cette ambiance sereine et hospitalière est clairement un outil supplémentaire pour nos équipes soignantes pour assurer la prise en charge de nos patients.
Comment intervenir dans un établissement en activité sans perturber les soins ?
L’enjeu majeur est de réduire les nuisances chantier. Cela passe par :
• des systèmes de mise en œuvre rapides et propres,
• une planification fine, par zones ou par phasage,
• et une coordination étroite avec les équipes de maîtrise d’œuvre et la maitrise d’ouvrage et médicale.
Certaines solutions permettent également d’intervenir par l’extérieur, limitant l’impact pour les occupants, ou de travailler sur des créneaux courts, compatibles avec l’activité hospitalière.







