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L’eau, un enjeu littéralement vital en établissements de soins et de santé

Dans les établissements de soins et de santé, la maîtrise de l’eau est un enjeu à la fois sanitaire, technique et environnemental. Traitements, maintenance, prévention des risques et sobriété des ressources : tour d’horizon des solutions mises en œuvre pour garantir une qualité d’eau durable et adaptée à des usages sensibles.
Entretien avec Fabrice Audibert, Manager développement commercial chez BWT France.

Fabrice AUDIBERT,

Manager développement commercial
BWT FRANCE

Sans traitement adapté, il n’y a
ni qualité de l’eau, ni durabilité des réseaux, ni performance énergétique.

En contact permanent avec une population vulnérable, l’eau est un élément sensible dans les établissements de soins et de santé (ESS). Quels sont les traitements à y apporter pour en garantir la qualité ?

Ces traitements dépendent des usages de l’eau : consommation humaine, eau chaude sanitaire (ECS), stérilisation, blanchisserie, eau bactériologiquement maîtrisée, neutralisation des effluents de laboratoires ou de chambres mortuaires, etc. Sur l’ensemble de ces sujets, il s’agit d’apporter des solutions performantes dans la durée. Cela peut être par des traitements physiques – comme l’adoucissement et la filtration – ou par des procédés chimiques, tels que l’adjonction de chlore ou de dioxyde de chlore, qui permettent d’empêcher le développement bactérien. De tels traitements reposent sur des appareils dédiés, dont le suivi doit être rigoureux. L’enjeu est d’ailleurs bien identifié par les ESS : 99 % des solutions que nous avons déployées font l’objet de contrats de maintenance. Ces derniers s’articulent autour d’opérations programmées, qui garantissent la qualité de l’eau et la pérennité des équipements. Elles permettent également de répondre aux obligations réglementaires en matière de maintenance et de traçabilité, tout en évitant les coûts liés à de lourdes actions curatives. Ajoutons que des réseaux régulièrement entretenus constituent aussi une garantie d’économies d’énergie.

Avez-vous un exemple concret ?

Prenons l’entartrage des systèmes de chauffage et d’ECS. La présence d’un dépôt de 1 mm sur le corps de chauffe d’une chaudière génère une surconsommation d’énergie de 7 %. Les boues, qui peuvent s’accumuler dans les circuits de chauffage, impactent la performance des radiateurs : un dépôt de 5 mm occasionne 10 % de perte de puissance. Ces valeurs illustrent bien que la sobriété énergétique d’un bâtiment dépend aussi de la qualité de l’eau qui circule dans ses réseaux climatiques.
Son traitement doit donc faire l’objet de la même attention que celle portée à la performance – mieux identifiée dans l’esprit des décideurs – des systèmes CVC ou des chaudières.

Pour en revenir aux questions de santé, comment prendre en charge le risque de légionelle ?

Là encore, l’action doit avant tout être préventive, à travers le suivi des installations de production, de stockage et de distribution d’ECS. Par exemple, nous avons accompagné un CHU dans l’ouest de la France sur ce sujet, à travers la mise en place d’un analyseur-régulateur de chlore sur les boucles ECS. Cet appareil permet d’injecter, de façon contrôlée et précise, du chlore en entrée de boucle et d’en analyser la valeur en retour. En cas de contamination de réseau spécifique tel que la stérilisation– le plus souvent causée par l’intervention d’un opérateur sur ce circuit –, il convient de procéder à une désinfection adaptée.

Comment détecter au plus tôt les désordres dans les réseaux intérieurs ?

Pour accompagner les gestionnaires dans la surveillance de leurs réseaux d’eau intérieure, nous proposons des kits d’analyse comprenant des flacons de prélèvement et des pochettes d’envoi vers notre laboratoire. Ce dernier effectue les analyses et fournit, en moins de 15 jours, un rapport accessible sur une plateforme en ligne BWT DIGIKIT. Les rapports d’analyse intègrent également des préconisations d’actions, si nécessaire. Très simple d’utilisation, le kit présente aussi l’intérêt d’éviter le déplacement d’un technicien sur site. Le client peut gérer l’ensemble de ses analyses sur ce site.

Vous l’évoquiez, les ESS présentent également des eaux bien spécifiques, comme celles utilisées dans les processus de stérilisation des dispositifs médicaux. Comment les prendre en charge ?

En lien avec les exigences de la norme EN 285, mais aussi avec celles des fabricants de stérilisateurs – qui innovent en permanence –, il s’agit de purifier l’eau qui alimente les machines, notamment les laveurs et les stérilisateurs. Parmi les valeurs cibles, citons une conductivité maximale de 5 µS/cm. Pour atteindre une telle performance, il est nécessaire de mettre en œuvre une double osmose inverse. Le système de distribution de l’eau osmosée peut également être doté d’un refroidisseur de boucle pour en maîtriser la température. Cette boucle doit aussi être conçue de façon à éviter la présence de bras morts.
C’est pourquoi l’ingénierie du système de distribution est primordiale, afin de s’adapter à l’environnement du projet, aux consommations d’eau et au nombre de machines à alimenter. Par exemple, nous avons accompagné un CHU du centre de la France pour la production sécurisée de 2 000 l/h d’eau osmosée.

Maillon essentiel de l’activité d’un ESS, l’eau est aussi une ressource à préserver…

En effet, à l’échelle nationale, les ressources en eau se réduisent. Cet aspect quantitatif s’accompagne d’une détérioration de la qualité de ces eaux, avec la présence de PFAS, de microplastiques, de pesticides, de traces de produits thérapeutiques, etc. Autant de polluants toujours plus difficiles à traiter. Il est possible de recourir à des solutions économes en eau, biodégradables et biosourcées. C’est le cas, par exemple, de nos adoucisseurs conçus pour fonctionner tout en réduisant les consommations d’eau de 60 % et de sel de 40 %.
Entre les économies sur les consommables et l’exploitation, le retour sur investissement est de l’ordre de 18 mois. Il est également possible de réaliser le désembouage des circuits climatiques avec des nettoyants biodégradables à 99 %, réduisant les opérations de rinçage. Là encore, ce sont des ressources préservées. Des ESS se penchent désormais sur la récupération et le traitement des eaux de pluie pour alimenter les toilettes, arroser les espaces verts ou nettoyer les voiries. Autant d’applications pour lesquelles c’est aujourd’hui un non-sens d’utiliser de l’eau potable.

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